Stéphane Marin

metteur en son / paysagiste sonore / facilitateur d'écoutes

À la frontière entre l'écoute du paysage et la composition « in situ »,

dans la porosité proposée par une œuvre qui se frotte au réel,

acteur du développement de l’art sonore en espaces libres,

compositeur de pièces électroacoustiques multiphoniques en espace public,

Stéphane Marin s’investit depuis 2003 dans des aventures artistiques in situ

qui partent à la rencontre d'espaces atypiques non dédiés à la représentation,

pour y inviter les publics les plus variés.

Évoluant de collaborations protéiformes en projets solos,

partagés dans l’Hexagone puis représentés à l’International: 

Singapour, Medellìn, Mexico, Suwon, Beyrouth, Poznan, Grätz,

Valladolid, Kilfinane, Manchester, Bruxelles, Saarbrüken...,

Stéphane Marin créé en 2008 Espaces Sonores, 

une compagnie dédiée à la création sonore contextuelle et aux arts de l'écoute.

Son désir d’espaces et sa pratique du sonore le poussent aussi bien à imaginer des dispositifs et des expériences

qui prennent la forme de parcours ou de siestes sonores, de marches d’écoutes « à oreilles nues » ou « augmentées »,

de yoga des oreilles, ou bien encore, d’installations sonores performatives.

Parcours :


Suite à des études de philosophie auprès de Daniel Charles et Clément Rosset, et un mémoire avorté intitulé "Pour une Philosophie de la rencontre", Stéphane Marin s’est rapidement passionné pour les nouvelles possibilités d’expressions offertes par la M.A.O. (Musique Assistée par Ordinateur). Des compositions musicales à forte charge narrative et dramatique voient alors le jour, à l’aube de ce nouveau millénaire, une musique “filmique", "cinématique".

Après un court passage à Radio Grenouille, il est initié aux pratiques spécifiques des Musiques de Ville et des Arts Sonores en Espaces Publics, à partir de 2003 aux contacts de Pierre Sauvageot (Lieux Publics, C.N.C.A.R., Marseille), Michel Risse (Décor Sonore - Paris), et Eryck Abecassis,. Il n’aura dès lors de cesse d’explorer des formes sonores contextuelles liées aux lieux, aux architectures, aux espaces publics de re-présentations. Il rencontre alors Serge Delaubier (Studios Puce Muse, Rungis) auprès duquel il se forme aux techniques de spatialisation gestuelle du son (Méta-Instrument), compétences qu’il enrichira d’une formation au GMEM (Centre National de Création Musicale, Marseille) sur le spatialiseur "Holophon" (Max/MSP) qu'il repatchera à sa main et à celle d'autres artistes (Pom Bouvier - Cie Traces en poudre).

 

Il délaisse alors ses projets studio personnels pour s’investir intégralement dans ces créations "multi-canal" à l’échelle de la ville.

Suite à de nombreuses collaborations avec des compagnie des Arts de la Rue (Allegro Barbaro / Le Phun / Osmosis Cie / 2ème Groupe d'Intervention / Décor Sonore) il crée Espaces Sonores, une compagnie dédiée à la création sonore contextuelle et aux arts de l'écoute.

Depuis 2008, il conçoit, compose et partage avec tous les publics, des parcours sonores à partager à 2 sous un parapluie "Un Pépin pour2 " crées spécifiquement pour la Gare Saint-Charles à Marseille (Lieux Publics - Centre National des Arts de la Rue) ou pour les rues et les sous-terrains de Singapour (Singapore Arts Festival - National Arts Council); "Élémentaire" une siestes sonores écologiques et paysagères (MNHN, Domaine de Chamarande, CCAS...) ; des marches d'écoutes "re_COMPOSED re_ALITY" (Le Cube, Lieu Multiple...) , "EspaceS d'EspaceS / EspaceS d'ÉcouteS" (I Love Science Festival - Bozar - Tour & Taxis - Bruxelles...); des séances de "Yoga des oreilles"; ou bien encore des installations performatives architecturales ")) archi_teXtures sonores ((" (Maison Salvan - Labège, l'Usine CNAREP- Tournefeuille).

Il produit par ailleurs des oeuvres radiophoniques pour France Culture La nuit infuse », « Un Promeneur écoutant ») Arte Radio (« Mingalabar ! »), RFI (« Écoutez (Öland /Bastia / Kandy / Galle / Rangoun) avec Stéphane Marin »), Framework Radio (Estonie), mais aussi des albums publiés physiquement et/ou numériquement sur les labels belge Unfathomless (« Serendib rythms »), italien Galaverna (« Matins d’Ariège »), ou chinois Bivouac Recording (« 60 minutes cities : Bidoune ») sans oublié ses auto-productions disséminées au fil du net (« L’Oreille Nomade en Birmanie »,  « Comme un dimanche matin » …). Un album duo avec Ludovic Medery sortira fin 2020 sur le prestigieux label allemand Gruenrekorder. Deux de ses pièces ont été nominées en 2017 puis en 2018 aux Phonurgia Nova Awards - Prix Field Recording / Paysage Sonore.

 


Il est aussi curateur du projet « Each Morning of the World », où il invite chaque dimanche matin un.e nouvel.le artiste pour ce tour du monde des paysages sonores matinaux (Radio Grenouille; Resonance Extra; Radio Panik; Radiocarbono).
 

Interview  "La trans-parence de l'écoute"

par  Clément Lebrun - Le Cri du Patchwork  France Musique

-avril 2019.  

Enfin, il donne régulièrement des conférences et des workshops en Universités (Université Libre de Bruxelles, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse, École Nationale Supérieure d'Audio Visuel de Toulouse, École Européenne Supérieure de l'Image de Poitiers, École Nationale Supérieure d'Art de Dijon...), tout autant que dans des festivals, rendez-vous professionnels ou médiathèques, invitant tous les publics à tendre l'oreille.

Dans le cadre de  "L'Oreille Tendre" il initie les jeunes publics à l'écoute active et à la prise de son environnementale (Passeport pour l'Art, Ville de Toulouse). Ses ateliers "À l'écoute du Paysage" offrent  aux publics les plus éclectiques différentes expériences d'écoutes et une introduction pratique à la phoNographie (Observatoire PhoNographique Sensible des Paysages Sonores de la Garonne - Toulouse Métropole - Lycée Agricole Auch Beaulieu; Communauté de Commune de Marne et Gondoire...).

 

 

 

 


Stéphane Marin a été récompensé plusieurs fois

pour sa démarche singulière,

son écriture sonore contextuelle atypique

et son rapport à tous les publics in situ :

 


2008 : Écrire pour la Rue (SACD-DMDTS)

2014 : Toulouse Up! (Ville de Toulouse);

2015 : DICRéAM (CNC).


Article   "Dépaysements sonores"

in " Toute ouïe"  - par   Anne Gonon -   L'Entretemps editions.

-mai 2016. 

Démarche(s):

 

L’aspect purement technique des moyens de création et de diffusion du son ne doivent pas occulter leur potentiels sensibles, vibrants, toujours liés, dans la démarche de Stéphane MARIN, à la poésie d’une proposition artistique. Ces médias techniques s’effacent immédiatement au profit du sonore, et de(s) l’espace(s) sensible(s) qu’il vient faire entrer en résonance, qu’il met en relief, qu'il dévoile.

Que ce soit par le biais de la multidiffusion du son (en octophonie à 360° entourant le public, en hexaphonie par plans successifs en profondeur et échappées latérales, ou bien sur différentes hauteurs...), de dispositifs de diffusion originaux (parasons, casques anti-bruits sonorisés, enceintes en mouvement...)  par une exploration singulière des techniques de fied recording (mix dynamique in situ, prises de son chorégraphiques, micros non-conventionnels, placements créatif des micros...), ou bien enfin par ses dispositifs originaux de mixage et de re-composition live et in situ du paysage sonore ( plateforme audionumérique nomade : "re_COMPOSED re_ALITY" ); tous ces « moyens » sont utilisés dans le but de rencontrer, habiter, et faire écouter en partage ces espaces sonores transfigurés.

Au coeur de sa démarche, la composition est intimement liée, entremêlée et toujours à l’écoute des spécificités d’un lieu, d’un site.​ Il en propose une écoute, une réflexion et une pratique radicalement contextuelle.

 

 

 "Le son est un art de l’espace"

À partir de 2013, il radicalise sa pratique de la prise de son et de son écriture, en commençant à développer une pratique singulière d’auscultation des territoires par le biais du field recording, de la phoNographie et de leur re_compositions.

Entendre "phoNographie" ici comme "prise de son artistique" ou "art de la prise de son". 

Le "field recording" étant plutôt l'ensemble des techniques de prises de son de terrain. 

Dans cet art, le développement d'un "point d'ouïe" singulier du phoNographiste

est comparable au "point de vue" original du phoTographe.

Le geste phoNographique doit ainsi être compris comme premier acte compositionnel.

 

À l’heure présumée de l’Anthropocène (parlons peut-être plutôt de Capitalocène !?.), plutôt que de partir capter une Nature Désanthropisée, Sauvage (voire Paradisiaque...), il travaille plutôt à explorer les frontières entre ces deux mondes. Ici, il s’appuie sur les zones de frictions, de rencontres, de porosités, qui existent entre eux pour composer des pièces où la nature désacralisée accueille la présence de l’homme, non comme un attentat (ou un viol), mais comme une co-existence, la possibilité d'une écoute réciproque. Il déploie à cet effet une poétique de la banalité (contre une politique de l’extraordinaire) aussi bien ancrée dans les espaces de nos quotidiens, qu’aux limites de l’ailleurs.

Le partage de cette écriture phoNographique se décline dans et hors les murs, médiatisée ou immédiate, en présentiel expérientiel au moyen du prêt de dispositifs dédiés in situ ou, bien sûr, radiophonique et podcastable à la maison chacun sur ses propres écoutes. 

 

Ces auscultations de territoires plus ou moins ciblées (rives de la Garonne, Île de Raymond, Île de Ré, Prade de Canohès...) peuvent nourrir aussi bien des projets de territoires à moyenne ou grande échelle (Observatoire sensible des paysages sonores de la Garonne), des siestes sonores, des marches d'écoutes (augmentées ou à "oreilles nues"), et enfin des phonographies brutes (formats courts) ou re_composées en pièces sonores, radiophoniques ou en albums (formats longs) publiées sur différents labels ou radios et/ou géotagguées sur la plateforme Radio Aporee.

 

Interview par  Thomas Beaumgartner- L'Atelier du son  France Culture  - 2014.

Vie associative :

 

Stéphane Marin s'investit activement dans plusieurs collectifs d'auteur.es sonores: 

 

Il est membre fondateur du CASO (Collectif des auteurs et autrices sonores en Occitanie) qui défend (entre autres) la création (puis le pilotage) d'un Fonds d'Aide Régionale à la Création Sonore auprès de la Région et la DRAC Occitanie, ainsi que dans la visibilité de la création sonore dans la diversité de ses formes en Occitanie.   

 

Il est membre actif des Sons Fédérés (Collectif national d'artisan.es de toutes les expressions sonores). Au sein de plusieurs luttes, actions, réflexions et revendications, les Sons Fédérés se battent pour que soient représentées TOUTES  les expressions sonores dans le futur Fonds d’aide à la création et à l’innovation sonores, et aussi que les auteurs et autrices sonores puissent prendre part aux réflexions pour la création d'un tel Fonds. 

Enfin, il est membre-donateur de l'ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages.

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