"Un Pépin pour 2"

Une écoute à partager, le temps d’un espace.

"Partir ensemble, au travers d’une écoute partagée,

à l’abri, avec ou sans la pluie.

Marcher au rythme des sons, dans la mélodie de ce lieu :

cet espace qui se scande pas à pas, et s’écrira à chaque fois."

"Un Pépin pour 2" est un parcours sonore dont l’écriture, contextuelle, est à chaque fois renouvelée au regard et à l’écoute des espaces traversés, des humanités rencontrées.

Un couple d’auditeurs est invité à découvrir des points de vue et d’écoute tout au long de sa traversée de l’espace public. Un "parason", parapluie équipé d’un lecteur et de deux casques audio, leur est remis au départ de la ballade. Après une mise en situation propice à l’écoute, et quelques précisions visant à les rendre techniquement autonomes (utilisation du MP3 et instructions concernant le balisage), les auditeurs sont invités à partir découvrir cette proposition artistique déambulatoire. Celle-ci va ainsi se mélanger, subtilement, à la réalité sonore. En effet, les casques "ouverts" laissent les bruits ambiants, et tout ce qui fait la réalité sonnante d’un espace, s’exprimer et prendre une place singulière au sein de cette proposition sonore. Cette dernière quant à elle, vient créer, au sein des espaces publics, des frottements, des points de fuite musicaux, des changements de perspectives acoustiques, une mise en relief singulière de la réalité entendue.​

Cette écoute superposée à la réalité sonore ambiante, en plus d’ "augmenter" l’écoute, vient aussi proposer de porter d’autres regards sur le réel en présence. ​

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En effet, ici, l’écoute permet d’orienter la vision, lui offrir des échappées nouvelles, l’aiguiser sur un détail, lui faire accéder à l’invisible, ou bien à un ailleurs... Dans tous les cas, les relations s’établissant entre les diverses perceptions et l’écoute au casque créent un nouveau rapport au réel.

Ce rapport oscille entre une perte de repères (désorientation, déséquilibre, brouillage des perceptions... ), un accès à une autre réalité (rêve éveillé, illusions, mirages, hallucinations...), ou, au contraire, à une mise en situation concrète des auditeurs au coeur de la réalité. La prise de conscience de cette situation paradoxale tend à re-situer le spectateur, à questionner sa place dans, sa relation à, l’espace public : ici et maintenant.

​L’écriture sonore est renforcée par une écriture textuelle qui vient mettre en relief le réel et/ou l’ouvrir à d’autres perspectives. Cette écriture est portée par une voix qui accompagne subtilement les auditeurs tout au long de leurs pérégrinations. ​

Un travail de collecte de témoignages vient aussi compléter ce travail de mise en paroles au contact des lieux. Ces voix sont recueillies in situ afin de trouver un ancrage contextuel au sein des espaces vécus dont elles témoigneront chacune de manière singulière. Notre travail est, avant tout, de proposer les cadres d’éclosion de la parole, puis, de re-composer, à l’aide de bribes de ces discours, des textes à trous.

Les ouvertures opérées par ces silences, véritables matériaux compositionnels, inviteront le réel, et/ou les auditeurs, à les remplir, au gré des aléas des événements qui se succèdent, alors, concrètement, dans cet espace (un cycliste fait retentir la sonnette de son vélo, un enfant rit aux éclats, un canard cancane...) et à la discrétion de ce qu’ils pensent ou projettent sur ce qui est dit, suggéré.​

Notre pari est de rendre possible la rencontre d’une proposition artistique avec les éléments plus ou moins contingents, plus ou moins prévisibles, du réel in situ. Les textes et les "témoignages" seront écrits et composés dans ce but. Ils laisseront ouvertes les interprétations, tout en suggérant des points de vue et d’écoute, en invitant toujours à un partage original et sensible du réel.

Notre intention est bien d’amener les auditeurs à la découverte d’une écoute in-ouïe de leur environnement, à porter des regards insolites sur l’espace public et le paysage, enfin, à se re-situer, tout à la fois comme spectateurs, auditeurs et citoyens au sein d’une proposition artistique qui s’invite, tout comme eux, dans un territoire concret. Territoire qui n’est pas pris ici comme une "scène", un espace de "représentation", le "décor" d’un spectacle, mais qui continue de vivre sa vie propre tout en s’ouvrant au cadre et au contexte de notre proposition qui y fait écho, spécifiquement.

Notre envie peut se résumer dans la volonté d’inviter un public à partager et expérimenter cette autre écoute dans, pour et avec les espaces publics.

"À rebours de cette transformation de la ville en décor, la compagnie Espaces sonores, menée par Stéphane Marin, tente quant à elle de questionner l’espace public à travers ses déambulations : le dispositif institué dans Un pépin pour deux casse l’individualisation et l’isolation en organisant des déambulations sonores sous parapluie, les sons amplifiés s’écoutant à deux et se mêlant à ceux du réel."

 

Juliette VOCLER - Vers un tourisme sonore ?

Syntone -Actualité & critique de l'art radiophonique

10/07/2015

 

Partenaires

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Commandes d’écriture :

SINGAPORE ARTS FESTIVAL - NATIONAL ARTS COUNCIL OF SINGAPORE.  ​

SMALL IS BEAUTIFUL - LIEUX PUBLICS - Centre National de Création.

FESTIVAL DE L’OH ! - Conseil Général du Val de Marne/ Ville de St-Maur-des-Fossés.  

Co-productions :

 

LIEUX PUBLICS - Centre national de création - Marseille.

EMMETROP - Artcultures et autres - Bourges.

L’ATTELINE - Pôle régional des Arts de la Rue - Villeneuve-Lès-Maguelone. 

Aide à l’écriture :

 

SACEM - Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique.

"Remues Méninges" - dispositif d'aide à l'écriture - LIEUX PUBLICS .​

Prêt de salle :

 

    L’USINE - Lieu conventionné dédié aux Arts de la Rue - Tournefeuille.

 

 

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